Notre tour du monde...

Argentine

Iguazú & Iguaçu

Lieu mythique. Endroit rêvé. Maintes et maintes fois idéalisé. Et pourtant, elles sont au rendez-vous. Impressionnantes. Géantes. Envoûtantes. Une merveille de la nature.

Les chutes d'Iguazú. Les chutes d'Iguaçu.


Coincées par les trois frontières qui séparent le Paraguay, le Brésil et l’Argentine. Au cœur de la forêt tropicale. Elles appartiennent aux deux tiers à l’Argentine et pour le tiers restant au Brésil. Elles mettent un point d'arrêt aux 1.300km du rio Iguaçu qui prend sa source dans la serra do Mar au  Brésil et se jette dans le rio Paraná.

Un mur de 2,7km. Constitué de 275 chutes. 6 millions de litres par seconde.

De chaque côté de la frontière argentine et brésilienne, deux parcs nationaux. L’un comme l’autre, incontournables. Deux points de chute pour Angie & Nels. C'est parti...


Nels, réveille-toi! Je crois qu’on y est.” Il est 7h du mat’, le soleil vient de se lever, encore endormis, on descend du bus. On est arrivés à destination: Puerto Iguazú . Située au nord-est de l’Argentine, la petite ville frontalière sert de point de départ pour la visite de la partie argentine des chutes.
Notre base, qui compte 30.000 habitants, est bâtie sur des terres rouges, en pleine jungle. La température est élevée. L'air terriblement humide. Le contraste avec le climat vécu ces dernières semaines est impressionnant. On aime.

On n'a rien prévu. Pas d'hôtel. Pas de plan. La recherche d'un logement, nos sacs sur le dos, est douloureuse. Mais atténuée par l'agréable sensation d'être dans un environnement sauvage. Baignés dans la sérénité que seule la nature peut procurer.
Residencia Colonial. Notre pied-à-terre. Rien de spécial. Son principal atout est de ne pas être cher. Après négociation. On se détend dans notre chambre, sans réelle fenêtre.

Mais pas trop longtemps. On est sérieusement excités par cet endroit. On ne résiste pas à l'appel des chutes. Un léger pique-nique dans nos besaces et on chope l'un des nombreux bus qui relient Puerto Iguazú aux chutes argentines. 20 minutes = 20 pesos. Sur une belle route, en très bonne état, qui longe quelques beaux hôtels. On perçoit sans difficultés qu'il s'agit de l'un des sites les plus visités au monde.

Sentiment conforté par l'arrivée au Parque Nacional Iguazú. Tout est bien balisé. Guichets, flèches, halls, files et même un petit train qui traverse le parc. Un petit goût d'Eurodisney. Mickey en moins. Le plus choquant est, sans aucun doute, la présence d'un hôtel Sheraton au sein même du parc. Pourquoi? Si t'as un trop gros cul pour te déplacer jusqu'au parc (déjà qu'on y vient en bus), mais ne vient pas! Bref...

Première bonne surprise. Arrivés au guichet. Prêts à payer chèrement notre entrée, on nous demande 140 pesos au lieu des 200 officiels. Ainsi qu'une réduction de 30% sur l'entrée pour l'éventuelle visite du lendemain (la seconde visite est toujours à 50% du tarif de la première). En réalité, nous payons le tarif réservé aux habitants des pays du Mercosur. Ou celui des 6-12 ans. Entre sourires retenus et regards complices, nous faisons comme si de rien n'était. Deux hypothèses. Soit le maillot de l'équipe argentine de rugby de Nels ainsi que son fantastique accent nous ont fait passé pour des argentins en vacances. Soit le guichetier nous a pris pour des gamins de 10 ans.

Pour notre première visite nous décidons de commencer en douceur. On s'attaque au Macuco trail.


Un sentier qui s'enfonce dans la forêt pendant près de 2h pour nous amener au pied d'une "petite" chute d'eau. C'est incroyable. Les bruits, le odeurs, la faune, la flore... Nous somme  bien en pleine forêt. On observe des fourmis géantes, des papillons uniques, des coatis, un Woody Woodpecker, des singes et...notre tout premier toucan. Le symbole du parc. Il est un peu loin. Mais on peut voir très nettement son long bec osseux et coloré. Et entendre son chant très étrange.


Arrivés à la chute, Nels se rappelle aux bons souvenirs du Laos et s'aventure dans l'eau. On pique-nique au calme sur un rocher.

On rebrousse chemin. Et, malgré l'heure tardive, on ne résiste pas à la tentation des chutes. Un petit coup d'oeil. Rapide. Un teasing pour le spectacle du lendemain. On choisit la partie du parc appelée "circuit inférieur". Qui permet d'accéder à la partie supérieure inférieure des chutes.


Même si  l'entrée du parc est assez bétonnée, les infrastructures, au coeur même du parc, sont assez bien intégrées dans la nature. Il s'agit, principalement, de passerelles en bois, le long des chutes, qui permettent aux visiteurs de profiter d'une bonne partie des 67.620 hectares du parc.

On reste coi devant cette création divine. Verbalement indescriptible.


Assommés par la beauté débordante de cette baignoire géante, et, accessoirement, par l’enchaînement d'une journée de vadrouille après près de deux jours de bus, on rentre se reposer. Lasagne. Fruits. Lost. Dodo.

La nuit nous a requinqués. On attaque notre seconde journée dans le parc. La vrai visite commence. Toujours à tarif réduit. Nels a remis sont maillot argentin, histoire de passer pour un membre du Mercosur, et, dans le doute, a évité de mettre ses talonnettes pour passer pour un enfant de 10 ans. Angie, quant à elle, sa seule est mission est de NE surtout PAS parler. Afin d'éviter tout malentendu linguistique qui pourrait nous faire repérer. S'abstenir de formules du style: "Puedô avoir los ticketas parrra elle dozièmo journata pôôôrrr favorrrrrrrrrrr?".

Comme une lettre à la poste. On y est.


Et on repart sur le circuit inférieur. Un parcours incroyable à travers la jungle, au bord des chutes. On passe au-dessus, en-dessous. La nature est si belle, si envoûtante, si rayonnante, si parfaite... Angie en a les larmes aux yeux. Un amour infini pour la nature est probablement né ici. En nous.

Photos et moments de contemplation se succèdent. Grandiose. Inénarrable.

C'est pendant ce parcours que nous faisons la connaissance de  Simon. Un tour-du-mondiste comme nous. On échange quelques mots. Nos cartes de "visite". Il semble perplexe. On se dit que c'est l'émotion liée à ce lieu. D'autant plus qu'il débute son voyage. Mais, en réalité, il s'avère que Simon nous avait longtemps suivi avant son départ, via notre blog. Ne réalisant que le soir-même...que eux, c'était nous. Eux, le couple du blog. Ben, c'est nous. Coïncidence ou réalité scientifique? Quoiqu'il en soit, vous pouvez le suivre ICI.

Après toutes ces aventures, nous posons nos fesses dans un coin calme. Un pique-nique dans cet endroit merveilleux. On respire.


Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. On chope le petit train vers la plus haute chute de la région. La Garganta del Diablo (la gorge du diable). C'est le climax du circuit supérieur. Pour y accéder, il faut emprunter une très longue passerelle, au-dessus de l'eau, qui traverse la partie supérieure du fleuve. Juste avant qu'il ne se jette plusieurs mètres en contrebas. Impressionnant. La Garganta est une demi-cuvette gigantesque qui épouse la frontière de l'Argentine avec le Brésil.


Le fleuve s'y engouffre sans pardon. 90m de chute. Les passerelles font de nous de réels funambules, marchant sur l'eau. Le vide à porter de bras. La cataracte se transforme en véritable douche pour les acrobates que nous sommes. Trempés. Par la cascade. Par nos larmes d'émotion.

On s'arrache péniblement, telle est la puissance de l'attraction qu'exerce sur nous cette oeuvre céleste. Mais le temps ne nous pardonnera pas notre égarement. Alors on s'active. Quitter l'endroit s'apparente à une entreprise très complexe. Chaque pas est un geste contre-nature.


Un pas.
T'as vu comme c'est beau...impressionnant...géant...waaaouh! 
Un second.
Hé! Ce papillon jaune.
Un troisième.
Neeels...un caïman caché. Là-bas!
Un quatrième.
Là. Un papillon blanc, rayé noir, avec des tâches rouges.
Un cinquième.
Encore des coatis.
Un sixième.
Regarde les singes.
Un septième.
Chut. Un toucan. C'est le quatrième qu'on voit. C'est diiingue!
Un huitième.
Le papillon noir. On ne l'avait pas encore vu.
Un neuvième.
C'est quoi cet oiseau?
Un dixième.
Angiiie...le gecko géant.
Un onzième.
Qu'est-ce que c'est que ça? Un papa-formigas. Quoi? Un truc qui mange des fourmis (un tamanoir). 
...


Vous vous en doutez. Lorsqu'on arrive à la seconde partie du circuit supérieur, le soleil commence à se coucher. Le parc va doucement fermer ses portes. On se hâte pour en "avoir" encore.
Comme les aventuriers de Fort-Boyard empoignant les dernières pièces d'or, avant que Felindra ne lâche les tigres.
Comme des affamés sur les dernières miettes d'un repas.


On repart les yeux remplis d'étoiles. Le cœur léger. Un état d'esprit serein. Un sourire béat. De tels sentiments ne sont pas partageables. Pas avec nos pauvres mots. Ça restera à nous. Égoïstement enfoui. Intensément inscrit dans ce que nous sommes.


En rentrant, on n'a même pas faim. Et ça nous arrange. Vu les prix pratiqués. Vu notre appréhension en matière de budget au Brésil. Et compte tenu du fait que l'approche de la fin du voyage coïncide avec un amenuisement effrayant de notre compte en banque. On se la joue extralow budget. Ce soir, ce sera sandwich aux sardines en boite et salade de fruits en dessert.

On se repose pour bien préparer la journée suivante. Elle s'annonce corsée. Comme on les aime. Haletante. Effrénée. Folle. Longue. Unique.

On quitte définitivement l'Argentine. Une tripotée de bus.

Bus vers la frontière brésilienne. On est au Brésiiil. Youpiii!
Bus de la frontière vers le terminal de bus de Foz do Iguaçu.
Bus du terminal vers la rodoviária (un terminal de bus). On achète nos tickets de bus pour le soir-même. Direction São Paulo. Les sacs sont consignés. Et hop, reprise de la danse des bus.
Bus pour le terminal de Foz do Iguaçu.
Bus vers l'entrée du parc national de l'Iguaçu.

Alors...ce qu'on ne dit pas c'est que les bus au Brésil sont divisés en deux parties. L'accès. Zone par laquelle on accède. L'assise. Zone où l'on s'assied. Entre les deux? Un contrôleur et un super-tourniquet-pas-pratique-du-tout-quand-tu-portes-ta-maison-sur-le-dos. En gros, après l'équilibriste à  Iguazú, le contorsionniste dans les bus brésiliens. Pour s'en remettre, on "s'engrange" un libanais.


Le parc national de l'Iguaçu. Plus petit que son voisin argentin. Plus désert également. Une ambiance étrange se dégage de l'endroit. Plus de bétons, moins de touristes. Les passerelles nous mènent quasiment en dessous des chutes, avant de flirter avec le vide, pour nous conduire face aux géantes. Le suite du parcours consiste en une promenade le long du fleuve, face à la frontière argentine. C'est toujours aussi splendide. L'émotion en moins.

On quitte lentement ce lieu incroyable. Trois jours, un minimum, au cœur des chutes. Un décor qui rappelle le film The Mission (tourné ici). L'omniprésence et la luxuriance de la faune et de la flore nous auront complètement conquis.


On ne s'attarde pas dans la grande et peu charmante Foz do Iguaçu. Une ville bétonnée, sans grand intérêt. Direction la rodoviária pour entamer nos aventures au Brésil.
Vamooos...
Des images. En couleur. C'est ICI.

Angie & Nels

Cross the border: Salto/Concordia

Quitter Cabo Polonio. Pas une mince affaire. Psychologiquement, surtout. Mais c'est la trame de notre voyage. Notre fil rouge. D'étape en étape. Sacrifiant des lieux magiques. Des personnes attachantes. Qu'on rêve. Qu'on projette. De revoir. Au moins, encore une fois. Plus longtemps.

Techniquement, il y a un intérêt à raconter notre départ de Cabo Polonio. Car nous ne faisons pas que quitter ce paradis perdu. Nous projetons de rejoindre la triple frontière, Argentine, Paraguay et Brésil. Plus précisément, les célèbres chutes d'Iguazu. Et ça, c'est pas une mince affaire. Voici un petit explicatif.

D'abord, dire au revoir à  Cabo Polonio. Rechausser les sacs. Sauter dans le camion-4x4 pour un peu moins de 3€. Traverser la plage, les dunes et atterrir sur le bord de la route. Attendre le bus de la compagnie Rutas del Sol, réservé la veille par téléphone.

C'est parti pour 4h de bus, accompagnés d'un temps maussade et d'une nostalgie coriace. Un confort limité à un siège inclinable et des toilettes. Pour la modique somme de 6€ par personne.

Nous arrivons à Montevideo à 20h. Le soleil s'est couché, mais on ne l'a même pas remarqué, tant le ciel était couvert.
La gare des bus est plutôt correcte. Quelques énergumènes, comme dans toutes les gares, mais rien de particulièrement méchant.
On chope des tickets de bus pour la ville de Salto, encore en Uruguay. L'objectif est de prendre le bus partant le plus tard, histoire de ne pas arriver en pleine nuit. Après un pim-pam-poum concluant, nous choisissons la compagnie Agencia Central. Bus à minuit trente. Classe économique (pas de couchettes, donc). Coût de l'opération: 42€ pour nous deux.

Dans l'intervalle, un Mac'Do et un moment PC dans la salle d'attente de la gare. "Sièges en PVC, assurance d'un fessier musclé". "Prises au mur, batterie qui dure".

Une nuit. Un bus. 6h. Arrivée à  Salto, frais comme des gardons, sur les coups de 7h. A peine le temps de passer par les toilettes, qu'on est déjà postés devant le comptoir des tickets. Qu'on lâche 6€. Et qu'on reprend un autre bus. Il est 8h. On enchaîne. Ce bus parcourt une distance assez courte, mas nous permet de traverser la frontière avec l'Argentine.


Quelques formalités douanières. Un tamponnage de passeport et un visitage de sacs à dos. On remonte dans le bus. On échange quelques mots avec une charmante dame. 30 minutes plus loin, nous sommes de retour en Argentine. Plus précisément, à Concordia. Dire qu'on note des différences significatives, tant au niveau culturel, que humain, serait un gros mensonge.

Il est 9h30Concordia est une ville... Une ville. Pas très grande. Pas très charmante. Pas très accueillante. Une petite ville d'arrière-pays. On s'active dans la gare à la recherche des comptoirs des compagnies de bus. Une nouvelle fois, il faudra choisir. Seule la destination est connue: la ville argentine de Puerto Iguazu.

Après de complexes calculs et analyses, nous optons pour la compagnie Via Bariloche. En bus-cama. La classe "intermédiaire", proposant des lits très inclinables, avec support pour les pieds. C'est pas qu'on s'embourgeoise, mais le départ n'est qu'à 20h. Il durera 12h. Faut qu'on dorme un peu. Un minimum. Ça nous coûte plus de 55€ par personne. Mais précisons qu'en classe éco, c'était pas beaucoup moins cher.

Il est 10h. On démarre à 20h, donc. C'est-à-dire dans 10h. Faut s'occuper.

Débarrassés de nos sacs (restés dans les casiers de la gare), on fait une agréable promenade dans la ville de Concordia. A la recherche d'un lieu confortable, fournissant le wifi et quelques bonnes choses à manger. Après quelques coups dans l'eau, on jette notre dévolu sur une...pompe à essence. De "luxe". On est conscient que ça en choquera plus d'un (Yan en tête de liste), mais on y a passé 8 merveilleuses heures.


Croissants chauds et croustillants, cafés voluptueux, hamburgers raffinés ou pas, boissons rafraîchissantes. Des fauteuils moelleux, un service efficace et neutre, un réseau wifi fluide, une lumière chaleureuse, de beaux clients, un sol propre, des toilettes avenantes... Waaah! Un tableau parfait pour bosser sur le blog, préparer le Brésil et, même, mater un match de Porto.


Cet instant de bonheur touche à sa fin. On retrouve le terminal. On reprend nos sacs. Et on patiente. C'est qu'il a du retard notre cher (au sens propre) bus Via Bariloche. Une fois arrivé, on s'y installe. Pas parfaitement. En effet, le bus a déjà un long trajet derrière lui. Odeurs et personnages défiants nous attendent à bord. Malgré tout, et après un léger accrochage avec le steward, nous avalons un repas correct et nous plongeons dans un semi-sommeil. Légèrement méfiants, on ne dort que d'un œil.

Au réveil, un petit déjeuner réparateur nous est proposé. On le déguste, tout en découvrant le décor qui s'illumine lentement. Les plaines uruguayennes semblent bien loin. Un panorama sub-tropical s'offre à nous. Forêt luxuriante, sol rougeâtre et poussiéreux. Un semblant d'Afrique centrale.

Après 12h de bus, et après avoir failli descendre un arrêt trop tôt, nous descendons à Puerto Iguazu, toujours en Argentine. Une chaleur moite et humide nous accueille.

Ça fait maintenant deux jours que nous sommes en route et que nous avons quitté Cabo Polonio. Les traits tirés, le corps fatigué, nous abordons une nouvelle grande étape de notre voyage...

Nels
Photos by iPhone.

Buenos Aires

Nous poursuivons notre triptyque citadin. Après Santiago et Valparaíso, au Chili. Buenos Aires, capitale argentine.

Pour y parvenir, une mécanique bien huilé. Colectivo vers le terminal de bus de Valparaíso. Un autocar de la compagnie Pullman vers Santiago. Presque 2 heures. Débarqués à la gare de Pajaritos, on emprunte la liaison pour l’aéroport. Rangement des sacs, check-in, shopping, Starbucks, douane et survol de la cordillère des Andes. 50 minutes.
Atterrissage à Mendoza. Argentine. Taxi vers le terminal de bus. Attente autour d’un lomito et vol de sac à main sous nos yeux (qui n’ont rien vu). 20h. Bus Andesmar, direction Buenos Aires. 1050km plus tard, nous sommes le jour 2. Il est 10h au terminal Retiro au cœur de la capitale. Quartier très pauvre et peu recommandable. Un dernier transport, le métro, avec pour objectif le quartier Abasto.


Nous voilà installés dans une charmante maison du 19°. Façade restaurée, terrasse sur le toit, escaliers métalliques, cours intérieurs. Welcome to the Chill house. Mais on est loin d’être en mode chill. On est au sommet de notre forme, alors on décide de se lancer à l’assaut de la capitale argentine.

Buenos Aires. Parmi les 16 villes les plus peuplées au monde. Au bord du Rio de la Plata. Fondée en 1580 (après deux tentatives infructueuses) par l’espagnol Juan de Garay, sous le petit nom de Santísima Trinidad y Puerto de Santa María del Buen Ayre. La ville vécut de nombreux siècles dans l’ombre de Lima, capitale de l’empire espagnol. Ce n’est qu’à la fin du 18°s que Buenos Aires acquit un statut plus important, donnant lieu à une période de forte expansion.
La ville est, aujourd’hui, le cœur financier, industriel, commercial et culturel de l'Argentine. Et son port, l'un des plus actifs au monde.

Le cœur de la ville, lui, est la Plaza de Mayo. Articulés autour de celle-ci, 48 barrios composent la mégalopole. C’est aux plus célèbres et intéressants d’entre eux que nous nous attaquons.


Notre arrivée en ville, un dimanche, coïncide avec le jour du célèbre marché de San Telmo. L’un des quartiers les plus anciens et les mieux conservés.


Antiquités, tango, déco, musique live, boutiques old new fashion school, branchitude, artistes déjantés et une foule conséquente créent une atmosphère agréable. Un savoureux mélange. Nous déambulons dans ce désordre cohérent et finissons par déboucher sur la fameuse place centrale.


Une première prise de température qui confirme nos infos. La ville possède, effectivement, de grands airs de ville européenne. Conséquence des différentes vagues d’immigration espagnoles, italiennes et françaises. Une architecture mêlant le style moderne et colonial. Une gastronomie fortement italianisée (comme nous l’avions déjà constaté à Mendoza, d’ailleurs). Un agenda culturel débordant.
Et puis, les j. Oui, les j en lieu et place des ll. On parle, ici, un autre espagnol. Déstabilisant, au départ. Mais on s’y fait. On ne dira plus la [cayé], mais bien la [cajé]. Terminé les [desayunos], bienvenus les [desajunos].

Le lendemain, en route pour Palermo. Le plus grand barrio de la ville. Nous y découvrons, d’abord, un succession de superbes rues. Formant des “carrés” (comme partout, d’ailleurs), bordées de boutiques et de cafés chic-branchés. Des magasins splendides. Plus beaux que les fringues qui y sont vendues. Une déco soignée et stylée. Ambiance loft et briques apparentes. Design et old school fusionnent pour donner vie à des intérieurs sublimes. On s’y perd quelques heures. On traverse l’un des nombreux parcs du quartier, avant de rejoindre un Palermo moins classe. Plus populaire. Mais qui reste dans la classe moyenne supérieure.


Nous profitons de notre troisième jour pour parcourir notre quartier à pied. Abasto, le long de la calle Agüero. Un grand centre commercial. Des écoles de tango. Et de nombreuses synagogues barricadées derrière des barbelées (nous sommes dans un quartier casher. Ce qui n’est pas sans nous rappeler les primeurs).

Après une longue marche, nous arrivons à la Recoleta. Quartier très vert, abritant le célèbre cimetière du même nom. Ainsi que bon nombre de musées, universités, bibliothèques et un foisonnement incroyable de statues.
Buenos Aires, c'est grand. Pas étouffant. Mais énorme. Alors, après la marche, on opte pour son vieillot, mais fonctionnel, métro.


Plus avant, nous explorons le microcentro porteño (le nom des habitants de Buenos Aires). Avec ses grands magasins, ses banques et autres bâtiments officiels, ses rues piétonnes, ses hauts buildings…. Ce quartier est délimité par la gigantesque avenida 9 de Julio. L’une des plus larges avenues du monde. 140m de largeur. Ponctuée par l’un des symboles de la ville, un obélisque de plus de 60m de haut.

Notre digression à Buenos Aires nous mène, ensuite, au célèbre barrio de La Boca. Quartier pauvre de la ville qui a su conserver ses maisons typiques et colorées. Néanmoins, ses rues les plus emblématiques sont plus rythmées par les touristes que par une véritable vie locale. Un peu décevant.


Le quartier est également le siège du club de foot de Boca Junior et de son mythique stade, La Bombonera. C’est dans cette équipe qu’El Pibe de Oro lança sa géniale carrière. Diego Armando Maradona. Dieu.


De Dieu au Dalaï Lama, il n'y a qu'un pas. Le 14° du nom, Tenzin Gyatso. Le summum de notre visite porteña. Voici comment tout a débuté.

Installés au bar le Lunapark, non loin du quartier de San Telmo, nous sirotons tranquillement nos Martini Dry. Angie dans une robe peau de pêche à épaulettes Adidas, Nels dans son costume en croco. Les fauteuils, plutôt confortables, nous bercent au son de la dernière compil’ Buddha Bar. Soudain, notre regard est attiré par les gesticulations menaçantes d’un homme au bar. Il semble s’énerver sur le serveur: “No qué’o ‘Odka…Hips…Oun Coin’t'eau”, bafouille-t-il. Nels, maitrisant parfaitement l’espagnol, détache son catogan et s’approche de ce dernier.

De dos, on distinguait un homme chétif, recroquevillé. Flottant dans sa longue tunique pourpre. Seuls ses gestes amples lui donnaient une certaine stature. Une fois face à lui, ce fut le choc. L’homme en jetait. Le teint brillant. Le crâne couvert par une casquette à la mode. Des lunettes de vue tendance. Et puis, cette lumière. Qui se dégageait de son visage. C’est lui…

Le Dalaï Lama. Nous l’invitons à notre table. Ce qu’il accepte après avoir glissé un généreux billet dans la poche du serveur et prononcé quelques excuses. Qu’il ponctua, une fois éloigné, par un doigt d’honneur  et un “…les supporte pas ces chinois”, en direction du bar.

Nous – Alors, Dalaï, qu’est-ce qui vous amène ici? A Buen
Lui – Déjà, ferme-là. Physiquement!
Nous – …nos Aires?
Lui – Je donne une conférence! Qu’est-tu crois…? Ca te défrise, hein?

No
us
– …dans ce bar?
Lui – Mais non, bande de #$%*. J’ai pas le droit de me détendre. Non? …croyez que c’est facile de répandre l’amour sur terre. Avec le ramassis de #*$£%&@ qu’on rencontre…
Nous – …Pas faux, votre Sainteté. Et, votre confér…
Lui – Tu veux pas m’offrir à boire?
Nous – Oui, bien sur.
Lui – Un cognac. Sans glace.
Lui – La conférence?  Le sujet. “De la nécessité de se payer un iPad 2 lorsqu’on a déjà un iPhone?”…
Nous – …?!?
Lui – Nan, j’déconne. Z’avez pas une clope?
Nous – …euh…non!
Lui – Bon, j’m’arrache les jeunes! Voici ma carte. Et n'’oubliez pas…
Nous – Quoi?
Lui – De m’ajouter sur Facebook… Ca marche? Puis, si vous avez du temps à perdre, passez voir mon show! Vachement tôt demain matin. 10h. Allez, bisous les filles!


Légèrement décontenancés, on n’hésite pas une seconde. Le lendemain, nous serons là.

Le sujet de la conférence? “En quête du bonheur en ces temps difficiles”. Rien de plus actuel. C’était extraordinaire. Le message, évidemment. La quête du bonheur, comme but de la vie. La paix et la satisfaction intérieur, comme moyen. L’égocentrisme, en tant que générateur de sentiments destructeurs. L’amour et la compassion, nos véhicules pour tendre vers le bonheur.


Mais au-delà de son discours, c’est son attitude. Sa gestuelle. Sa décontraction. Son langage corporel (et on ne parle pas, ici, du moonwalk qu’il nous avait fait la veille, au Lunapark). Qui ont été un message fort. Marquant. Merci Dalaï.

Avant de quitter Buenos Aires, nous nous offrons quelques bons repas. Dont une dernière viande. Du tonnerre. Un ultime rouge argentin. Quelques pudding, des empanadas, des medialunas, (enfin) d’excellents expressos…


Place à la suite. Mais notre plan de route a été modifié. On ne trace plus vers Iguazu. Pas tout de suite. On s’offre un petit bonus. L’idée a germé en nous, depuis notre rencontre avec Bruno, à Salta.
Nous préparons nos sacs. Quittons la Chill House. Prenons un taxi vers le quartier de Puerto Madero. Le barrio des quais, rénovées en de luxueux restaurants et bars pour la jeunesse dorée porteña. Nous avons rendez-vous avec un énorme ferry. Direction l’Uruguay, via la traversée du Rio de la Plata.

Au revoir l’Argentine. Don’t cry for us… Nous revenons!

Les photos de la mégalopole sont ICI.

Nels

Cross the border: Paso Cristo Redentor

Après le départ de Yan, nous passons encore 1 nuit à Mendoza. Dans le but de partir le lendemain pour Valparaiso, via Santiago du Chili. En bus, bien sur.

Cela semble simple et efficace.

8h30. Nous sommes au terminal de bus de Mendoza. Nos tickets en main. Notre compagnie bus se nomme Andesmar.

9h. Le terminal, aile ouest, est bondé. Aucun bus à l’horizon. Un murmure de plus en plus fort commence à se faire entendre dans ce couloir rempli. Nous tentons, tant bien que mal, de nous renseigner. La nouvelle tombe. Le paso  Internacional Los Libertadores, aussi connu sous le nom de Cristo Redentor, est fermé pour cause de “neige”.

Pour rappel, ce passage, reliant l’Argentine au Chili, est l’un des plus empruntés. Il se situe sur la route des Andes. Route que nous avions pris pour aller snowboarder. Et dire que nous étions si près de la frontière…

Les consignes sont simples. Aucun bus ne sortira du terminal. Il faut revenir le lendemain.

Nous nous résignons et rentrons à l’HS. Par chance, il y a encore des chambres de libre. Nous occupons notre journée par un peu de shopping au centre commercial de la ville.

8h30. Le lendemain. Après avoir fait une nouvelle fois nos sacs, pris un énième taxi (pas cher du tout au pays de Maradona), nous sommes au terminal. Pas la peine de préciser que celui-ci est encore plus full que la veille.

9h. La nouvelle retombe. Le paso est à nouveau fermé. Les conditions météo sont exécrables. Ils nous proposent d’attendre jusque 10h.

10h. Le paso n’ouvre pas. Aucun bus de ligne ne partira de Mendoza. Le terminal se vide petit à petit de ses mines déconfites. Nous hésitons. Restons immobiles devant la nouvelle. On n’est pas spécialement pressés. Mais nous sommes déjà le 28 août. Le 31, nous devons nous envoler depuis Santiago vers l’Île de Pâques. Et compte tenu des prévisions météo, on peut commencer à s’inquiéter.

10h18. Toujours sur place, nous digérons le fait de ne pas pouvoir nous rendre à Valparaiso, comme prévu. En tous cas, pas avant notre vol pour l’Île de Pâques. Notre nouvel objectif est donc de rallier Santiago. Et ce, avant le 31, 6h du mat’. Et ce, par n’importe quel moyen.

10h31. Le terminal est quasi vide. Il a, en tous cas, repris une vie normale. Faite de va-et-vient. Nous sommes assis sur un banc. Avec nos amis résistants. En effet, un groupe de résistance s’est organisé. Nos intentions sont simples. Etant donné que le paso peut ouvrir à n’importe quelle heure de la journée (c’est la police qui décide), il existe toujours l’espoir de quitter Mendoza avec un mini-van privé. Pour cela deux conditions. Un, le paso doit ouvrir avant 15h, pour que nous ayons le temps d’arriver à la frontière avant sa fermeture. Deux, avoir un groupe conséquent (10 personnes minimum), pour convaincre ($$$) le chauffeur du van à partir.

Nous voilà embarqués dans une attente de 5h. Avec notre équipe. Une espèce d’Agence Tous Risques, composée d’une maman et de sa fille. Des argentines. D’un jeune anglophone, nommé Templeton Peck. De trois brésiliennes hystériques, les Triple A. D’un brésilien, sosie non-officiel de Romario, qui sera Hannibal Smith. D’une jeune israélienne et d’un palestinien, aka Tawnia Baker. De nous, Mister T. & Futée. Et d’un élément postérieur, un japonais. Baptisé, naturellement, Looping.

Installés sur des bancs de fortune, avalant quelques media lunas (des croissants miniature et hyper-sucrés), nous patientons dans l’espoir que notre plan se déroule sans accroc. On profite aussi de l’attente pour skyper avec la familia.

15h. Malgré nos espoirs, le paso n’ouvre pas. Nous rentrons, une nouvelle fois, au HS. Cette auberge est devenue un second domicile. D’ailleurs, après avoir testé une chambre triple et une double, Joana nous offre la suite de la maison.

Que faire? C’est LA question! Attendre encore un jour? Voir une autre journée supplémentaire. Au risque d’arriver au 31, sans avoir pu traverser la cordillère! Louer une mobylette et tenter un passage en force de la douane, à la Steve McQueen dans La Grande Evasion? S’attaquer à la cordillère à pied, en évitant la frontière? Contourner ce point de passage par le nord ou le sud?

Aucune de ces solutions. Nous trouvons, après d’âpres recherches, un vol pas trop cher pour Santiago. Mieux, c’est encore moins cher d’acheter un aller-retour. Bingo!

Nous passons une nouvelle journée bien tranquille au HS. Quelques milanesas, des empanadas et une bonne parillada libre (en buffet à volonté), le soir.

Ce n’est que le 30 que nous nous envolons pour Santiago. Evidemment, c’est plus cher en avion. Mais quel spectacle. Nous survolons la cordillère des Andes. C’est G.R.A.N.D.I.O.S.E.! Sublimissime. Nous sommes “poussière” face à l’immensité, la force de ces paysages. Des pics enneigés à perte de vue. Petit bonus, nous passons à côté de l’Aconcagua. Nous avons tout le loisir de l’observer. Magnifique!


Un vol d’une cinquantaine de minutes. Nous sommes de retour au Chili. A Santiago du Chili. Juste le temps de passer à l’hôtel, prendre une douche et faire un p’tit tour en ville. Santiago, nous y reviendrons.

C’est l’heure de s’envoler pour Rapa-Nui

“Allez! Roule Barracuda…”

Nels

Road Trip – …to Mendoza

Cafayate est derrière nous. Les ruines de Quilmes, devant.

Ce sont les vestiges de la principale cité des indiens Quilmes. Construite, vers l’an 1000, de façon à tirer avantage de la configuration naturel des lieux. Elle est une véritable forteresse. A flanc de colline et en forme d’amphithéâtre. Les Quilmes y ont résisté aux espagnols pendant près de 130 ans. Avant d’être vaincus et déportés pour construire la ville de Buenos Aires. D’où la petite ville de Quilmes, au sud de la capitale argentine, où est, d’ailleurs, implantée la brasserie produisant la bière du même nom, sous la bannière du géant InBev.


La visite des ruines terminée, nous partons pour plusieurs heures de route et de piste. De nombreux kilomètres en direction du sud. Via la ruta 40. La nuit tombée, nous poursuivons notre route le plus loin possible. Jusqu’au drame.

Nels est au volant. Le soleil s’est couché depuis belle lurette. Angie roupille à l’arrière. Une route déserte. Yan se vide une bouteille de vin mixe quelques morceaux électro. Soudain, les phares de la solide Chevrolet mettent en lumière un obstacle sur la route. Celui-ci se met à bouger. A courir. C’est un animal. Apeuré. Effrayé. Comme ensorcelé par la lumière, il ne parvient pas à quitter le “sillage” de notre bolide. Les coups de klaxon n’y changeront rien. Le choc est devenu inévitable. A cette vitesse, l’éviter nous serait fatal…

…PAAAF…Kiuuu…Gnaaac Gnac…Ka…iii…

Un silence. La scène n’aura duré que quelques secondes. Des heures pour nous, et surtout, pour lui. Ce renard de Patagonie. Paix à son âme. Nous n’oublierons jamais sa mort atroce. Nous le remémorerons sous le doux nom de el raton-laveur.

Sous le choc, nous prenons nos quartiers dans la ville suivante. D’autant plus qu’il est déjà tard. Le bled se nomme Chilecito. Inconnu au bataillon. Un hôtel, des pizzas, la finale de la coupe du monde de moins de 20 ans…et au dodo!

Un bon petit-dej’ et nous reprenons notre chemin. Une superbe piste nous conduit au parc national de Talampaya. Un témoignage géologique de l’ère du Trias. Soyons honnêtes, ce qu’il y a à voir dans le parc est grandiose. Formations rocheuses étranges (auxquelles on a donné des noms…parfois un peu ridicules), des traces archéologiques (pétroglyphes) rappelant la présence passée des indiens. Par contre, énorme bémol concernant l’organisation dans le parc. Interdiction de visiter les lieux par ses propres moyens. Dès lors, que ce soit à vélo, en van ou à pied, on est toujours en groupe organisé. Payant…évidement! Si on ajoute à cela, la sensation d’être dans un “parc d’attraction”, on est loin du dépaysement et de la communion avec la nature.


Bon gré, mal gré, nous partons en tour (après quelques heures d’attente…il y a foule!). Notre groupe devient rapidement notre principale centre d’intérêt. Que des champions du monde. En commençant par notre guide, fashion avec sa petite veste blanche moulant son p’tit bide. En passant par les petits couples de retraités très comiques. Et en terminant par le vieux garçon de 35 ans. Prenant des photos à la volée avec son portable, et qui clôt la visite en paumant ses lunettes en pleine nature. Vous l’aurez compris, la visite prend vite une coloration très amusante! Au-delà de ça, les lieux sont superbes. Mais difficile d’en profiter réellement, en faisant 4 pauvres haltes au endroits stratégiques.


La journée se termine à San Augustin de Valle Fértil. Point stratégique pour ceux qui passent deux jours dans le coin. Le premier consacré à Talampaya. Le second, à son voisin, le parc national de Ischigualasto (aussi connu sous le nom de “vallée de la lune”). C’est notre cas. On l’avait programmé ainsi.  
Mais nos plans tournent au vinaigre avec les deux bouteilles de vin accompagnant notre chivito (du cabri). Angie & Nels s’effondrent dans leurs lits superposés. Tandis que Yan entame une nuit de folie avec des locaux de l’hôtel.

Le lendemain matin. Maux de crânes et fatigue viennent freiner notre envie de visiter le second parc. Il faut dire que l’expérience Talampaya nous avait déjà bien refroidis.

On reprend, donc, notre périple vers le sud. Via le chemin des écoliers. On longe le rio San Juan sur plusieurs kilomètres. Avant d’atteindre Calingasta, la perdue. Nous poursuivons avec Uspallata en point de mire. La route qui y mène est compliquée. Une piste de près de 100km, très rocailleuse. Mais (encore une fois) délicieuse! La cordillère en arrière-plan. Des vues imprenables sur celle-ci. Un décor désolé. C’est beau le “désert”!


Uspallata, nous y voilà. Notre avant-dernière étape. Mendoza n’est plus qu’à quelques bornes. On se croirait dans une station de ski dans les Alpes. Et pour cause, la ville est au pied de grandioses montagnes enneigées. Sauf qu’ici, les fondues sont remplacées par les parilladas. La ville est également la dernière étape argentine avant la frontière chilienne. On décide de s’y poser deux nuits. Dans un hôtel plus chic qu’à l’accoutumée. Il y a même une piscine intérieure. Ainsi que des photos de Brad Pitt. Ce dernier a logé ici lors du tournage de 7 ans au Tibet. La claaasse!

Après un énième bon repas, suivi d’une excellent nuit, nous démarrons une journée tranquille. Au programme, snowboard pour Yan à la station de ski Los Penitentes. Pour Angie & Nels, petit chocolat chaud à la buvette, et légère ballade (en voiture) le long de l’illustre route des Andes, menant à la frontière. Les récentes fortes neiges rendent impossible les visites du Cristo Redentor, de la Puente del Inca ou encore du cimetière des andinistes. Même la vue sur le plus haut sommet de la cordillère des Andes (et plus haut sommet en dehors de l'Asie), l’Aconcagua, culminant à 6.962m, est voilée.
Nous revenons rechercher un Yan pleinement satisfait. ‘Y a de quoisnowboarder dans les Andes, c’est pas donné à tout le monde.


Retour à Uspallata pour la nuit. Un petit car-wash bien mérité pour notre Chevrolet Classic. On se demande encore comment elle a tenu le coup. Tous ces kilomètres de piste rocailleuse, parsemée de cailloux assassins qui nous donnaient des sueurs froides, lorsqu'ils retentissaient violement sous la voiture. Sans parler des bruits étranges, de plus en plus audibles. Ni de el raton-laveur.

Notre road trip touche à sa fin. Mendoza est à nous.


Nous rendons la voiture (non sans quelques craintes) et logeons à l’hôtel suites (HS) de Mendoza. Une auberge de jeunesse de style…auberge de jeunesse. Mais extrêmement accueillante. Un personnel aimable et charmant (aaah…Joana…!). Nous reprenons un rythme citadin.

En effet, Mendoza est la quatrième ville d’Argentine. Un terrible tremblement de terre, en 1861, a détruit la plupart des vestiges de l’époque coloniale. La ville est donc plutôt moderne, avec de grandes artères perpendiculaires et aérées. De nombreux parc, où les argentins aiment se promener, manger une glace ou occuper les bancs publics. Comme partout, de nombreux jeunes. Beaucoup de vie, aussi. On est déjà loin de l’ambiance indienne du nord, mais ce n’est pas désagréable pour autant.
Mendoza est également la ville du vin. Peuplée de vignes et de bodegas, la région produit une grande partie des vins argentins.

Notre objectif? Se relaxer, après un road trip éprouvant. Bien manger. Visiter des bodegas locales. Et tout ça, en profitant des derniers jours à 3.

La première target est atteinte. On passe plusieurs heures à “ne pas faire grand chose” à l’hôtel. Surfer, regarder du foot, faire une sieste…

La seconde, également. Un bon subway pour se rappeler aux bons souvenirs des States. Un succulent repas préparé par Yan. Des petits poissons séchés et du saucisson, en entrée. En plat, un poulet tika masala (Yan étant, comme tout le monde sait, pakistanais) de génie! Pour noyer tout ça, les vins achetés chez El Esteco à Cafayate.


Enfin, pour notre dernier soir à 3, nous nous offrons l’une des plus belles adresses du coin. Le Anne Bistro. Un vrai régal. Des ceviche, en entrée. De la viande, en plat. Notamment, une succulente hampe de bœuf. Pour arroser cette dernière soirée avec Yan, des apéros, du blanc, du rouge et même, un vin de vendanges tardives. Pour terminer, le serveur brésilien nous fait visiter la cave de la maison et nous donne quelques conseils pour la visite des bodegas.


Après ce festin, nous nous dirigeons vers le quartier branché de la ville. Autour de la calle Aristide Villanueava. Effectivement, de nombreux bars rendent le coin très animé. Nous choisissons un bar où a lieu un concert live pour nous installer. Un groupe de rock, dont le batteur/chanteur, originaire de Buenos Aires, est un mélange de Slash et de Yvon Moulichaux (un garagiste près de chez nous). Il devient très vite notre idole. Et c’est au son de sa voix rauque que nous descendons quelques bières.


Nous y sommes. Au troisième jour, la visite des bodegas. La première, à Luan de Cuyo, et très à l’écart, se nomme Catena Zapata. Le domaine est magnifique. Une pyramide de style maya trône au milieu des vignes. La visite est plus que sommaire. C’est un peu l’usine. Vite fait, bien fait. Sa grande taille et sa réputation y sont probablement pour quelque chose. Déception.


Nous décidons, alors, de nous rendre dans une bodega plus petite. A taille humaine. Familiale, même. Récupérée par un couple de fraais, il y a quelques années. Elle se trouve dans l’autre grand pôle des vignobles de la région, Maipu. Son nom: Carinae. Nous avons droit à une excellente visite, orchestrée par Nicolas. Un fraais, venu étudier les vins argentins. La dégustation vient couronner notre parcours sur la route des vins. Nous testons tous les vins produits par la bodega. L’ensemble accompagné par un saucisson royal.


On rentre, tant bien que mal, à l’auberge. Un dernier match de foot. Un ultime macaroni-jambon concocté par Angie. Yan fait son sac. Un taxi vers le terminal. On quitte ainsi notre dernier visiteur, après 20 jours passés ensemble. Merci Yanno!

Les dernières photos de notre Road Trip (merci à l’iPhone et à Yan pour son talent de photographe). C’est ICI que ça se passe.

Nels