Notre tour du monde...

Népal

Notre bilan de l’Inde & du Népal

Ce bilan n'est pas une étude sociologique…juste quelques impressions (après un mois de voyage)...forcément subjectives, probablement généralisatrices et réductrices.

Inde

Quelques stats:

- 7 étapes, en commençant par Delhi et en passant par Jaisalmer, Jodhpur, Jaipur, Agra, Khajurâho pour terminer à Vârânasî.

- Arrivée en avion de Bangkok, départ en train et taxi en passant par Sunauli pour le Népal.

- 15 nuits/14,5 jours. 1 jour et 1 nuit de moins que prévu à cause de notre problème de visa.

- 7 trains pour de longues distances dont 6 de nuit avec un total de 64h de trajet. Un taxi pour rejoindre la frontière et une multitude de rickshaws.

- Un budget de 17,17€ par jour et par personne, dont 10% consacrés au transport et 34% au logement. L’Inde est vraiment un pays bon marché.

- 5,63€ pour la chambre la moins chère au Lakeside Hotel à Khajurâho et 13,70€ pour la plus chère, à Jaipur, pour l’Atithi GH.

Quelques banalités

notre destination coup de cœur: Jaisalmer et Vârânasî…à égalité.

notre logement préféré: le Heaven’s Guesthouse à Jodhpur.

notre resto préféré: le Only You à Agra.

notre plat préféré: les merveilleux aloo chaat vendus par un petit commerçant ambulant à Assi Ghât, à Vârânasî. Mais, il y en a d'autres. On a adoré la cuisine indienne.

la société indienne semble laisser une place très marginale à la femme. On est dans un monde masculin. On l'a notamment ressenti dans les hôtels où il était commun de voir une demi-douzaine d'hommes gérer l’hôtel de A à Z. On se souvient également d'un concert à Vârânasî, la veille de Maha Shivaratri, où pendant des heures, de notre terrasse, on observait des centaines d'hommes se rassembler et faire la fête...pas une femme! 

de nombreuses religions coexistent en Inde. Ce n'est pas unique. Ce qui l'est plus, c'est la ferveur religieuse que l'on ressent. C'est épidermique. Mention spéciale pour les Jaïns que nous avons totalement découverts.

dès qu’un commerce a du succès, il est copié par des dizaines d’autres…avec le même nom. C’est ainsi qu’on se retrouve avec d’innombrables German Bakery (depuis quand les allemands sont-ils réputés pour leurs croissants en plus?) à Main Bazar, le quartier touristique de Delhi.

les jeunes enfants sont souvent maquillés de façon très étrange, sous les yeux. Les traits de couleur noire sont forts et ont pour but de les rendre plus laids. Car la beauté attire le regard donc la convoitise, et par extension, le mauvais œil

les garçons ont pour habitude de se prendre par la main (un peu comme dans les pays du Maghreb). D'une façon générale, ils sont très tactiles et n'hésitent pas à s'enlacer.

lorsque vous discutez avec un indien et que ce dernier acquiesce...il dodeline de la tête. Et pas qu'un peu. Au début, ça peut être déstabilisant. Mais, on s'y fait et on apprécie même! Car on a remarqué que lorsqu'ils le font, ils sont sincères. C'est-à-dire que lorsqu'ils mentent (ce qui arrive assez souvent...bizness is bizness)...ils ne dodelinent pas. Théorie totalement subjective.

c'est le premier pays où nous ressentons de l'insécurité. En ville évidemment. Le danger n'est probablement pas réel, mais le caractère tactile de leur “communication” et le chaos qui règne en rue peuvent générer ce climat oppressant.

dans la rue, c'est réellement le désordre le plus total. Trottoirs cassés, égouts à ciel ouvert, vaches et autres animaux, déchets, un monde fou, des véhicules dans tous les sens, des klaxons en permanence. On s'y fait. Et c’est même amusant! Une mine d’or pour les photographes! Toutefois, être dans la rue demande toujours un petit effort nerveux, de concentration et de “zen attitude”. On peut vite se sentir oppressé, ce qui fait qu’on se fatigue plus vite qu'ailleurs. C'est un peu comme marcher dans un centre commercial le premier jour des soldes. See?

tout se désordre est beau. Car il est agrémenté de couleurs, de saris, de sourires, de surprises...

moktai kofta, nan, raita, tandoori, masala gost, aloo jeera, dal makhni, byriani, tchaï, lassi, paratha, kofta, thali...que du rêve pour nos papilles.

l'Inde c'est également des éléments de modernité dans une société “médiévale”. Quel contraste.

les hommes sont très "seventies". Comme on peut se l'imaginer. Les fringues, les coupes de cheveux, les attitudes, leur accent anglais...

on s'est dits: "la Chine c'était quand même plus soft, hein...?!"

difficile de faire confiance à cause des arnaques ou "tentative de"…permanentes! Avec plus de temps, on aurait pu s’aventurer hors des "routes touristiques"...les relations y sont probablement plus saines.

les transports en commun, c'est une véritable expérience. Surtout le train. A titre de comparaison, la Chine c'était très organisé.

la cuisine végétarienne est reine en Inde (du Nord). Et vu les conditions d’hygiène, on se dit que c’est mieux ainsi. Mais plus important que ça, elle est délicieuse, riche et variée.  

les indiens mâchent du tabac. Ce qui rend leurs gencives très rouges...ça peut faire flipper, un soir au détour d'une ruelle sombre.

l'Inde, c'est pas cher. C'est évident. Mais, il faut le répéter.
 
le cricket est le sport national. Nous étions en plus en pleine coupe du monde. On sent que tout le monde est impliqué. Plus que les matchs, ce qui semble les intéressés est la victoire finale de leur pays. D’autant plus si le Pakistan peut être évincé au passage.

à Agra, on a mangé des frites succulentes. A plusieurs reprises. Meilleures qu’au pays de la frrrite!

les vaches sont partout. C'est pas un mythe. Et elles sont reines.

les indiens adorent mettre de la musique à fond, tout le temps et partout. Leurs GSM n'arrête jamais. Dans le train, à 6h du mat’, c’est légèrement énervant!

On a testé…

le train à couchettes: C'est de la folie. On n'a testé que les classes les moins chères. Une banquette pour 3, partagée par 8 personnes. La propreté n'est pas une priorité. La musique à fond. Bref, c'est hyper folklorique et au final, c’est une bonne expérience.

une nuit à la belle étoile dans le désert: Magique!
 

une confrontation avec des rats: Une épreuve traumatisante pour Nels! Mais qui est peut-être salutaire. Passer plus d’1 heure entouré d’énormes rats affamés est probablement la meilleure thérapie contre la phobie des rongeurs. De là à le recommander…n’exagérons rien!

les tailleurs indiens: Non pas pour un beau sari pour Angie, ni pour un costume pates d’eph’ couleur saumon pour Nels, mais bien pour recoudre le daypack de Nels! Pas cher, efficace et rapide. 


le dromadaire: On recommande bien entendu de le tester. On déconseille toutefois les trips au long cours à dos de dromadaire à tous ceux qui tiennent à leur postérieur et à leurs adducteurs.

la course contre la montre en taxi “comme dans les films”: Génialissime! Dangereux, très dangereux, mais des sensations uniques.

une confrontation avec un singe: Conseil: Ne jamais manger des bananes à proximité d’un petit groupe de singes affamés. La bagarre fut rude, mais ils n’ont pas eu les bananes…non mais!

la ville magique “Vârânasî": On avait entendu tellement de choses (négatives et positives) sur cette ville. Notre sentiment est vraiment positif! Cette ville exerce réellement une attraction sur ses visiteurs. Plus qu’ailleurs en Inde, on a été séduits. Plus qu’ailleurs, on a laissé aisément de côté les aspects négatifs du pays. Bref, immanquable.
 
le petit coup de tête d’une vache: Elles ont la priorité. Angie s’en souviendra la prochaine fois.

le Taj Mahal: Très touristique, mais malgré cela (et la pluie), c’est un lieu unique…
 
 
Népal

Quelques stats:

- 13 étapes, en passant deux fois par Pokhara et en terminant par Katmandou. Toutes les autres font partie du trek.

- Arrivée par voie terrestre d’Inde, via Sunauli, départ de Katmandou en avion vers Hong-Kong.
- 16 nuits/16 jours dont 11 consacrés au trek.

- 2 seuls bus de longue distance et 1 petit avion entre Jomsom et Pokhara. 1 trajet en 4x4 et quelques-uns en taxi.

- Un budget de 19,85€ par jour et par personne, dont 25% consacrés au transport (le vol en avion fait exploser le budget transport) et 19% au logement. Comme l’Inde, le Népal est peu cher.
 
- 0,98€ pour la chambre la moins chère dans plusieurs lodges sur notre parcours de trek. 8,60€ pour la plus chère, à Pokhara, pour le North Face Inn.

Quelques banalités

notre destination coup de cœur: le col du Thorong La…forcément un lieu inoubliable pour nous.

notre logement préféré: l’Himalayan Hotel à Upper Pisang pendant le trek. Un endroit des plus rudimentaires. Mais, la beauté des lieux, le sourire de la “patronne" et de son fils…puis ce qu’on ressent en y accédant…en font un lieu unique.

notre plat préféré: le steak de Yak à Jomsom.
 
notre petit-dej’ préféré: Du thé, du porridge et “les jours de fête” une banana pancake. Préféré peut-être pas, mais le plus consommé, ça c’est sur.

malgré tous les points communs entre l’Inde et le Népal, on a ressenti de réelles différences entre ces deux pays. Le contact, le feeling est différent. Evidemment, c’est intimement lié à notre parcours personnel et aux différences entre celui de l’Inde et celui du Népal. Beaucoup de villes en Inde , le trek et les villages au Népal.
 
on était étonnés de retrouver des pizzas et des hamburgers dans des lodges à plus de 3000m d’altitude. Pourtant, c’est le cas. Le Népal est un pays habitué à recevoir des étrangers depuis de nombreuses années.
 
être entourés de ces géants (Machhapuchhare – 6997m, Annapurna II – 7937m, Annapurna I – 8091m, Ganggapurna – 7455m,  Annapurna III –7555m) est une expérience incroyable. Ils imposent le respect. On s’imagine les grimper. On voudrait en voir d’autres, des plus grands encore. Voir les plus célèbres 8000m…un jour!
 
après avoir accompli notre petit exploit (à notre niveau), on était éreintés. On ne pense qu’à se reposer, à un bon bain chaud. Mais, très vite ce sentiment laisse la place à la nostalgie de ces moments uniques de “souffrance”. On ne pense qu’à y retourner. Grimper plus haut. Après un 5000, on veut un 6000…et ainsi de suite. Nous comprenons mieux ceux qui se lancent dans la douce folie de grimper les plus hauts sommets du monde. Ce n’est pas juste une folie. C’est le besoin de ressentir à nouveau ces sensations uniques. S’abandonner à la montagne. S’y perdre. Tout oublier pour ne poursuivre qu’un objectif: atteindre le sommet.
 
plus on grimpe, plus les prix grimpent. Logique vu la difficulté d’approvisionnement. Mais, tout cela reste très abordable pour les chanceux que nous sommes.
 
les rencontres. Soit on a eu de la chance, soit ce type de lieux ”d’efforts” rapprochent. Ou un peu des deux. Ce qui est sur c’est que nous avons fait plein de belles rencontres. Pour un bout de chemin ensemble ou juste pour un tchaï. Bon, ‘faut être honnêtes, ‘y a pas mal de boulets aussi…
 
on a été choqués de voir des pseudos-trekkeurs en pleine forme, se faire porter leurs sacs. En plus, on a l’impression que moins ils portent plus ils trimballent d’affaires. Le pire? Ce sont des ”enfants” d’à peine 18 ans qui se tapent ces charges énormes. Ils ne sont pas du tout équipés pour la montagne. Il n’était pas rare d’en voir avec plus de 2 ou 3 sacs sur le dos et la tête (une corde reliée aux sacs est attaché à leur front pour soutenir les volumes). Et dire qu’après, ces pseudos-trekkeurs se vantent d’avoir “grimpé” ci et là…
 
le MAM. Le fameux mal aigu des montagnes. On en a beaucoup entendu parlé. On la craint. Mais, heureusement, nous ne l’avons jamais vu. Une bonne acclimatation et beaucoup de soupes à l’ail.
 
il suffit de voir nos photos pour se rendre compte de la beauté de ce pays. Sans parler, des petits villages perdus dans la montagne. Et encore…nous n’avons vu qu’une infime partie de ce trésor. A voir les photos des Karmich dans le Mustang (royaume situé au nord-est du Népal, autrefois indépendant et interdit aux étrangers)…
 
la gentillesse et la simplicité des locaux est attachante. Même si le tourisme de masse tend toujours à dénaturer les “lieux” où il pénètre.
 
On a testé…

les lodges de montagne: C’est rudimentaire. Une pièce, deux planches de bois et un “matelas”. Le froid, la douche froide ou carrément le seau. Mais, surtout le poêle dans la “restaurant”! Inoubliable…
 
le trekking: Une grande première pour nous. On a découvert tellement de choses qu’il est impossible d’en faire la liste. Tant de bons moments, tant de belles surprises…que nous n’avons qu’une certitude: on recommencera! Surtout après avoir lu et vu les photos du parcours des Karmich (qui après nous avoir quittés, on facilement vaincu le Thorong La pour s’attaquer au préservé Mustang, avant de se rendre dans la région de l’Everest, pour faire le trek du camp de base de l’Everest, plus un sommet à plus de 6000m! Chapeau…).
 
5416m: C’est énorme pour nous, sachant que le plus haut sommet atteint avant celui-ci était le toit de l’immeuble à 12 étages de Choum.
 
le passage d’un col: Beaucoup d’efforts…très vite oubliés pour laisser la place à une joie intérieure indescriptible. Atteindre ces quelques drapeaux au sommet…le premier regard jeté sur eux est tellement fort…une délivrance! Très fort.
  
un vol en “coucou”: Aucun souci… Vu la taille de l’engin, on a tendance à stresser davantage. Mais, 15 minutes, ça file. C’était juste dommage de ne pas avoir pu profiter pleinement de la vue sur les montagnes à cause des nuages.
 
le reiki et le yoga: Merci à Karline pour ses démonstrations de Reiki. C’est toujours difficile d’évaluer les effets réels de ce type de “méthodes”. Quelle est la part d’autosuggestion? Quoi qu’il en soit, la soif de Nels d’en savoir plus, de '”yoguer” et de méditer, n’a fait que croître…
 
la marche avec des bâtons: Indispensable. Comment a-t-on pu marcher autant d’années sans? Même en ville, on devrait en avoir… Par contre, n’oubliez pas d’enlever les petits capuchons en plastique sur la pointe…au risque de passer pour des amateurs…
 
le mouchoir en tissu: Pour ne pas gaspiller le papier et éviter les déchets en altitude.
 
le cordonnier népalais: Un pro. Il a réparé nos deux grands sacs en quelques minutes. Pourtant avant lui, personne ne s’était mouillé. Est-ce que ça tiendra? Le temps nous le dira…

Pour conclure…

Difficile de conclure sur ces deux pays. L’Inde, d’abord. On a souffert. Au début, surtout. On se demandait comment certaines personnes pouvaient adorer ce pays. Où le désordre et les ordures semblaient régner.
Puis, au fil du temps, on s’est détendus. On a commencé à comprendre certains codes. Et c’est la clé: comprendre les codes de cette société à part. Mais, pour cela, il faut du temps (que nous n’avions pas). Prendre son temps. Ne pas se contenter des villes, des lieux “à visiter”. Plus qu’ailleurs, il faut se perdre. Au Nord. Puis, aller en Inde du Sud. Sans oublier l’extrême nord.
 
Nous sommes arrivés à la conclusion que l'Inde est un pays qui ne se visite pasil se vit. C’est probablement vrai partout. Mais, ici, c’est encore plus vrai. C’est un monde à part. Il prend aux tripes. Prend la tête aussi. C’est parfois un combat pour préserver son espace personnel. Pour exister.
 
On dit souvent que l'Inde, c’est l’amour ou la haine. Difficile d’être d’accord, car nous n’arrivons pas à trancher cette relation. Nous sommes entre les deux. On peut juste dire que ce pays est fort. Qu’il ne laisse pas indifférent. Qu’il n’est pas facile. Qu’on n’oublie pas certaines mésaventures désagréables, certains sentiments négatifs. Qu’après un bon moment, vient souvent un moins bon…
Mais, qu’en contrepartie, on ressent une forte attraction. On sait qu’il reste tellement de magnifique choses à y découvrir. Prendre son temps pour s’écarter des grandes routes, se poser dans un village, se perdre à la campagne. Comprendre les codes. Non, sans cette appréhension caractéristique des “expériences” chargées en adrénaline…
 
Bref, oubliez l'Inde si vous voulez passer des “vacances”. Si vous avez 3 semaines et que vous voulez visiter un pays. Passez votre chemin!
Par contre, vous avez quelques mois devant vous, vous avez envie d’apprendre et découvrir des choses nouvelles. De vous enrichir, d’en prendre plein la tronche…? Achetez un billet pour Delhi.
 
L’Inde se vit et c’est puissant!
 
Et le Népal? C’est notre chouchou. On ne pourra jamais oublier ce que nous y avons vécu. Des moments extrêmement forts de notre tour du monde. Ce pays est magnifique. Les gens y sont extraordinaires.
On ne peut que conseiller de faire un trek pour entrer en communion avec la nature et tomber définitivement amoureux de ce pays!
C’est au Népal que nous nous imaginons bien passer quelques semaines, voire quelques mois…bénévolat, travail dans une ferme, visites, treks…il reste beaucoup à y faire!
 
Angie & Nels

Katmandou

On n’aura presque rien vu de la capitale népalaise.

Premièrement, on est arrivés crevés après 7h de bus…avec une seule envie: se relaxer dans notre guesthouse. Le but souhaité s’annonçait mal. En effet, fraichement débarqués dans la capitale, on se rend compte qu’on a oublié un sac plastique avec quelques vêtements et souvenirs dans le bus.

Aidés par un petit groupe de népalais, Nels se lance à la recherche du sac dans la ville accompagné par l’un d’entre eux. Après une marche accélérée dans Thamel, le quartier touristique, on parvient à trouver le minuscule bureau de l’agence de bus. Accueilli aves les honneurs et un verre de thé…Nels retrouve le sac! Ouf…

Le choix de l’auberge est vite fait. Le népalais qui nous a aidé dirige l’une des auberges figurant dans notre calepin. Bingo. On s’y installe et on profite du beau petit jardin pour se manger quelques bons petits plats. Dont un steak pour Angie. Le premier depuis des mois.

La visite de la ville, ce sera pour le lendemain. Car notre avion pour Hong-Kong n’est que très tard le soir.
Hé ben non…en fait, on ne visitera rien du tout! Sortis de notre chambre après une grasse mat’ bien méritée (la première depuis près de 15 jours), tous beaux, tous propres…on se rend vite compte que quelque chose de bizarre se passe. Tout le monde est plein de peinture. Touristes comme népalais. Maaais ouiii…c’est Holi. Qui…comment…parce qu’on en vient…du lit, nous! Ah…HHHoli…la fête des couleurs célébrant (entre autres) le printemps.
On y est… Le but est de s’arroser de poches d’eau colorées. On vous raconte pas le bord**. Rien qu’à l’hôtel…alors imaginez dans le centre.

Partagés, on décide de rester à l’hôtel. C’est un peu triste de rater ça (même si notre grasse mat’ nous en avait déjà fait manquer le principal)…mais prendre l’avion le soir-même peints de la tête aux pieds…ça nous motive moyen.

Bref, on se pose dans le jardin en esquivant quelques bombes et on se met à l’abri sous un parasol. Très vite, on est rejoints par Claire, une jeune française venu passer 6 mois au Népal. Au final, on passera toute la journée ensemble…à discuter et manger quelques excellents chicken sandwich! Elle nous racontera, en particulier, ses aventures de bénévolat et de woofing (logement et travail dans une ferme locale pendant une période déterminée)…ça donne des idées!

La journée file et c’est l’heure de retrouver l’aéroport de Katmandou. Tout petit…et à l’image du pays…tout mignon…!

On s’envole pour Hong-Kong…retour dans une ville plus proche de nos repères…

Nels

Heaven’s not far…

Pokhara & le tour des Annapurnas

Attention…c’est long!

Nous sommes à Pokhara. Notre première étape au Népal. Le but n’est pas de faire du tourisme, mais bien de préparer notre trekking dans la chaine de montagnes des Annapurnas...à nous l’Himalaya. Pokhara est une petite ville très touristique, en particulier Lakeside, constituant le point de départ de bon nombre de trekkeurs. Lakeside est un enchainement de restaurants, de bars et de magasins d’équipement de montagne. Des faux évidemment. Hormis cette description peu attrayante, on doit souligner la beauté des paysages dans le coin. Le magnifique lac Phewa ainsi que quelques sommets au loin: le Machhaphuchhare à 6997m et l’Annapurna II à 7937m.

La question. Quel trek choisir?
 
L’objectif. Toucher de près des lieux magiques. On aura donc du mal à se contenter des “petits” treks proposés dans la région proche de Pokhara. Nous voulons aller plus loin que ça.
 
Les contraintes. Le temps. En effet, nous n’avons que peu de temps à y consacrer. Au plus 13 jours. La deuxième contrainte est l’argent. Il existe des treks fantastiques dans la région du Mustang, par exemple, mais les prix des permis et autres documents sont exorbitants (sachant que pour le Mustang, il faut absolument passer par une agence et avoir un guide).
 
Les peurs. La fatigue, le froid, l’altitude et le MAM. Ce dernier, le Michèle-Alliot Marie mal aigüe des montagnes (maux de tête, vomissements et autres symptômes qui aboutissent, si rien n’est fait, par un œdème cérébral ou pulmonaire), est un paramètre très aléatoire. Il peut frapper le plus expérimenté des montagnards et épargner le novice. C’est le corps qui décide. On peut toutefois mettre toutes les chances de notre côté, en grimpant progressivement et en prenant éventuellement du Diamox (médicament recommandé). 

Les questions subsidiaires. Partir avec un guide et/ou un porteur? Sachant que les avis sont très mitigés sur la nécessité de recourir à ces derniers.
 
La décision. Après quelques recherches, nous arrêtons notre choix sur le trek baptisé: Tour des Annapurnas. Ce trek est très prisé car il fait le tour entier de la chaine de montagnes. Il est donc complet et diversifié. Vu notre manque de temps (il faut près d’une vingtaine de jour pour compléter le tour), nous trichons un peu en coupant le trek. En effet, le parcours monte progressivement pendant une dizaine de jours jusqu’à atteindre LA grande difficulté: le passage du col (pas sommet…col) du Thorong La à 5416 mètres d’altitude. Ensuite, le parcours redescend pendant une autre dizaine de jours. Il y a évidemment des variantes et autres boucles qui peuvent être ajoutées. Pour nous, ce sera donc la version courte: après le col, nous redescendrons jusqu’au village de Jomsom et y prendrons un vol vers Pokhara.

Et tout ça, sans guide et sans porteurs. Mais, rééquipés. Des bâtons, une doudoune, un pantalon en Gore-Tex, bonnets et gants, des guêtres… Pokhara est idéale pour ça. Même si le matos n’est pas de bonne qualité (normal vu le prix). Sans oublier ce qu’on avait déjà: pastilles micropur (pour éviter l’achat de bouteilles en plastique…écologico-économique donc), bonnes chaussures, polaires…

Nos sacs sont prêts: 11kg pour Angie – 20 pour Nels. Dire qu’on va porter ça nous-mêmes et qu’on verra passer des trekkeurs sans rien sur le dos, suivis par un porteur népalais…

On angoisse un peu…mais on saute dans le vide…

Une petite carte pour vous aider à suivre…

Jour 1 -  Pokhara (800m) à Bahundanda (1270m) – 3h de marche – 8km parcourus

La première journée est soft. Pour débuter, un bus de Pokhara à Besisahar. Une nouvelle fois, notre petite étoile fait des siennes. Nos places prises par d’autres voyageurs-trekkeurs, on est forcés de s’installer ailleurs.  Et le hasard fait bien les choses. Dès les premières minutes, on fait la connaissance de ceux qui allaient nous accompagner (ou l’inverse) pendant plusieurs jours, Mimi & Karline, toulousains et dits les Karmich. Une super rencontre. Lui, ancien boxeur, sosie officiel de Luis Figo et triathlète, compte "”juste" deux Iron Man à son actif. Elle, boulot exigeant, sportive également, adepte de Yoga et de Reiki, mais surtout fan de Nutella. A deux, ils ont parcouru le monde lors de nombreux voyages dont un tour du monde qu’ils poursuivent actuellement avec un extra de 6 mois (au Népal, notamment dans un orphelinat, et ensuite en Thaïlande). Bref, à la lecture de leur CV, vous aurez compris qu’ils ont du souvent nous attendre, mais surtout qu’on a pas mal appris à leur contact.

On arrive à Besisahar. Un tchaï et ça repart. En bus à nouveau, direction le village de Bhulbhule. On se fait un dal bhat (plat népalais composé de riz blanc, d'un bol de soupe aux lentilles et d'un curry de légumes) et on début véritablement le trek. On n’arrivera pas à Syange, l’étape prévue, et on passe finalement la nuit à Bahundanda, après une dernière montée de marches…redoutable.


C’est notre première soirée. Le lodge est simple mais correct, et surtout: pas cher – 100rs (1€)/la chambre. Un rituel s’installe: la douche (ici chaude), le remplissage des bouteilles d’eau, débriefing, repas…et dodo dans le duvet.

Jour 2 – Bahundanda (1270m) à Sattale (1500m) – 5h30 de marche – 15km parcourus

La suite du rituel. Réveil à l’aube. Petit dej’ au porridge et au black tea. On paye la note, qui est encore raisonnable à cette altitude (les prix augmentent avec l’altitude…normal vu la plus grande difficulté d’approvisionnement et la raréfaction de l’offre). Packing des sacs et on est partis.

Une journée sans accros. Sauf que c’est les premiers jours, alors les jambes souffrent. Ca monte, ça descend, des marches, des ponts de singe et puis…la route. En effet, il existe une “route à jeeps jusque Syange et les autorités font construire la suite de celle-ci jusque…Manang. Dans des conditions extrêmes: marteaux-piqueurs et autres explosifs sur des parois très raides où les ouvriers n’ont aucune sécurité. Les avis diverges sur les bienfaits de cette route. Evidemment, cela “tuera” le trekkeur à la recherche d’aventure…et peut-être même plus. Ce qui aura un effet néfaste sur l’économie locale. D’un autre côté, la vie des locaux sera facilité. L’avenir nous en dira plus…

On traverse les villages de Ghermu et de Syange avant de poser nos “valises” dans le mini-village (une seule construction) de Sattale. Première douche froide et repas à la bougie. Angie & Nels en profite également pour méditer sur un rocher en contemplant ces magnifiques paysages. Que la nature est belle. Ce qu’on est petits. On teste ensuite nos premiers mashed potato (purée de pommes de terre), garlic soup et ginger tea. Une bonne combinaison.

Jour 3 – Sattale (1500m) à Danaque (2210m) – 5h30 de marche – 10km parcourus

On ajoute un élément au programme matinal. Sous les conseils des Karmich, on se lève plus tôt et on participe à leur séance de Yoga. Une demi-heure d’étirements qu’ils ont répété avec leur Yogi dans l’orphelinat de Pokhara. Le réveil est plus dur, mais les bienfaits sont incontestables.

Porridge, on prend les bâtons et on attaque la journée. Tal, Karte et Dharapani nous voient passer. Des villages typiques…agrémentés de ce qu’il faut pour accueillir le touriste. Ici, on transporte tout à dos d’homme, on élève des chèvres, on fait tourner les moulins de prières, on vit à un rythme que nous ne connaissons plus…malheureusement! Dans un de ces villages, on prend un petit tchaï et c’est l’occasion pour Karline de faire profiter Angie – qui a mal au genou – de ses dons en Reiki…à savoir une méthode de soins énergétiques japonaise par apposition des mains. Ca marche. En tous cas, on y croit.


On poursuit la marche en suivant toujours la rivière. C’est parfois difficile. Les Karmich nous attendent souvent…et ça nous motive à avancer. Puis, entre deux bouffées d’oxygène, on discute.

On atterri à Danaque où nous passerons la nuit dans une très mignonne guesthouse. C’est aussi ici que nous commençons à faire nos premières critiques analyses des autres trekkeurs. Il y a les Quechua (probablement des français) dont la fille semble au bout de sa vie, les allemands coinços, le russe (qui est en fait allemand), les kangourous, Big & Mac (un couple d’américains)… et il y en aura bien d’autres: le photographe mytho, les danois, l’américain, les North Face feignasses… On parie sur leur sort, on décortique leur style et s’ils ont des porteurs…on les descend…!

Une pizza et au lit.

Jour 4 – Danaque (2210m) à Chame (2710m) – 4h30 de marche – 12km parcourus

Rituel et Yoga avec en supplément une pancake…au Nutella. Oui, les Karmich avaient prévu le pot d’1kg de nutella…et le pot d’1kg de beurre de cacahuète (info inutile: beurre de cacahuète se dit “pindakaas” en néerlandais…bon appétit).

Une journée plus courte. La pluie s’invite. Et se transforme en neige. Après avoir traversé Timang, Thanchowk et Koto, on est forcés de s’arrêter à Chame. Il est autour de midi.


On en profite pour faire un peu de “shopping”. Angie se paye une doudoune de chez Zara et Nels une vrai veste imperméable. Plus de grosses chaussettes en laine made in Nepal. Le temps se refroidit. C’était indispensable. On passe le reste de l’après-midi à quatre, au chaud, entourés d’un groupe d’allemands, à discuter…et on goute nos premiers momo, sorte de dumplings (raviolis chinois à la vapeur) népalais.

Jour 5 – Chame (2710m) à Upper Pisang (3310m) – 5h30 de marche – 14,5km parcourus

L’une des plus belles étapes.

On se lève vers 5h30 pour esquiver le vent et la pluie qui pourrait arriver vers 12h, comme la veille. Il a neigé toute la nuit. On a une vue sur l’Annapurna II (7937m…pfff la honte, même pas un 8000) au lever du soleil…waouw!


On entame la journée de marche…et c’est superbe. Tout est enneigé. Villages, stûpa (structure architecturale en forme de dôme représentant Bouddha et commémorant sa mort), chörten (forme tibétaine du stûpa destinée à la base à recevoir des reliques), gompa (petit monastère tibétain), sentiers, sapins, des murs et des moulins de prière…une ambiance magique, féérique.

Aujourd'hui, sur la route, on a le choix. Lower Pisang, plus facile et plus court, ou Upper PIsang, apparemment splendide, mais forcément beaucoup plus dur. Littéralement: par en bas ou par en haut… Comme dirait un ami d’enfance depuis 2 ans…”on est pas venus ici pour gober des mouches…” …on prend donc le plus beau.


Les Karmich commencent sont de plus en plus en jambes, alors ils partent loin devant. D’autant plus qu’il y a un intérêt à arriver tôt à Upper pour choper la meilleure guesthouse…au sommet, juste en dessous du gompa. On suit leurs traces. On ne s’arrête pas, histoire de laisser derrière nous les Big & Mac et les kangourous. On prend à gauche, puis à droite derrière l’Eglise, on grimpe, on passe Bhratang et Dhukur Pokhari, on traverse un plateau, on prend le bon pont…et on arrive à Upper (non sans mal…car le village est à flanc de colline)…et il n’est que 12H30. Les Karmich ont pris possession des lieux…deux chambres avec une vue “y a pas de mots mon gars”…sur l’Annapurna II (7937m)! En plus, l’auberge est tenue par une dame et son fils…hyper mignons…leur sourire nous contamine.


On a toute l’aprèm’ pour scruter ce panorama grandiose, observer les choukas et autres gypaète barbues, se relaxer, écrire, discuter et se réchauffer autour du poêle. On s’enfile des apple pie en philosophant sur le sens (celui qui dit que c'est à gauche ou à droite peut sortir…) à donner au voyage. Puis, pendant que les Karmich nous racontent quelques unes de leurs aventures et histoires, Nels prouve son grand talent pierrerichardique en mettant son pied sur le poêle…quelques secondes auront suffit à cramer la chaussette. On applaudit…
On termine cette soirée par une séance d’initiation au Reiki.

Jour 6 – Upper Pisang (3310) à Bragha (3470m) – 6h30 de marche – 17,5km parcourus

Réveil à 5h30 pour une journée interminable. On commence par une énorme montée à Ghyaru. 400m de dénivelé en quelques lacets. Nels a des premiers maux de tête et doit s’arrêter. Plus de peur (du MAM) que de mal. Partis derrière Big & Mac et les kangourous, Mimi & Karline, compétiteurs dans l’âme, se font un plaisir de les griller sur la montée. Impressionnant t beau à voir.

Cette étape est hard pour nos organismes. Mais, on s’accroche malgré les chutes dans la neige, maux de tête ou autres ampoules. Ngawal et Mungi sont sur notre route.


Pas fâchés d’arriver au New Yak Hotel, à Bragha, tenu par le frère de Snoop Dogg un jeune népalais bavard et sympa. On a choisi de se poser ici plutôt qu’à Manang (à 15 minutes), ville étape classique, pour éviter les foules. C’est réussi. On a pour seuls voisins une famille de germano-croates qui…ont du redescendre car le fils a eu le MAM. Ils rebroussaient donc leur chemin. Après une bonne douche au seau à l'ancienne, on s’installe autour du poêle avec eux…avec une seule envie achever le fils malade B.L.I.N.D.E.R….on a faim et, même si les prix ont triplé depuis le départ, on ne se prive pas!

On restera deux nuits à Bragha. En effet, arrivés à cette altitude, il est indispensable de passer une journée d’acclimatation. Ce qui, contrairement à ce qu’on s’imaginait, est différent d’une journée de repos…

Jour 7 – Acclimatation à Bragha – 6h de marche pour atteindre 4200m

Cette journée commence mal. Déjà qu’on pensait se reposer alors que tout nous pousse à nous activer car, pour éviter le MAM, il est indiqué de dormir à une altitude inférieure à l’altitude maximale atteinte dans la journée. Les Karmich nous annoncent (info inutile: alors que Nels dégustait de super bons french toast…) que nos chemins vont se séparer. On s’y attendait et on est pas surpris. Au contraire, on pensait que ça arriverait plus tôt. Mais, on prend quand même un petit coup sur la tête. Faudra se débrouiller à deux… La raison de leur décision? Ils en ont marre de voir nos tronches et de devoir nous attendre ont bien plus de temps que nous. Près d’un mois de trek (avec une boucle de 10 jours dans le Mustang…les chanceux). Aucune raison pour eux de courir, pour ensuite devoir attendre leur guide pour le Mustang pendant plusieurs jours. Ils vont donc faire un petit crochet par le lac Tilicho, dès le lendemain.

Abattus, on se lance à l’assaut de l’Ice Lake pour notre journée d’acclimatation. Le but n’est pas d’y arriver, mais juste d’atteindre la plus haute altitude possible. Ça grimpe grave…avec des vues imprenables sur les sommets voisins: l’Annapurna I, le II, le Ganggapurna, le lac Ganggapurna… Arrivés à 4200 après plusieurs heures de grimpette, on décide de redescendre. C’est presque aussi pénible. Les genoux souffrent.


Exténués mais revigorés par les beaux décors, on arrive à l’auberge vers 15h30, après 6h de marche. Tu parles d’une journée de repos. On fait un peu de lessive et on s’installe pour notre dernière soirée avec les Karmich… L’auberge s’est remplie: des allemands, un russe et quelques israéliens.

On blinde à nouveau, histoire de fêter ça. C’était vraiment une chance (pour nous en tous cas) de partager notre route avec deux prosOn sent bien qu’ils essayent de nous rassurer sur la suite, mais rien à faire…on chialera toute la nuit dans nos duvets…fini les histoires sur l’Arménie, les conseils, le Nutella… !

Jour 8 – Bragha (3470m) à Yak Kharka (4020m) – 5h de marche – 9km parcourus

C’est parti…à deux. ‘Fin pas vraiment, puisqu’on fait encore un bout de route avec les Karmich jusque Manang. C’est là que nos chemins se séparent.


Angie & Nels passent à l’attaque. Il ne reste que très peu de temps avant l’épreuve finale. Le Graal. Le passage du col. On est motivés. Tellement, que partis derrière plein de groupes (deux groupes d’allemands dont un comprenait le frère à chevelu, trois russes, un groupe de français, les North Face feignasse…), on se retrouve vite devant et on parvient (exténués) à Yak Kharka. On choisit de s’installer dans l’auberge la plus isolée au Nord. Gain d’altitude et de kilomètres pour le lendemain.

Il est 13h. On profite du soleil pour s’enchainer deux pizzas et faire une sieste. Légèrement requinqués, on fait nos devoirs: pousser notre marche plus loin (sans les sacs), jusque Letdar, à 4230m, pour redescendre ensuite et dormir à Yak Kharka. La peur de souffrir du MAM est un excellent stimulant dans ces cas-là.


L’acclimatation faite, on se douche (doucher est un grand mot) au seau et on se mange de bons spaghettis autour du poêle. On est rejoints par trois jeunes allemands, médecins, avec qui on échange un peu.
La nuit est rude. Il fait très très froid et les couvertures supplémentaires sont inutilisables tellement elles sentent le yak.

Jour 9 – Yak Kharka (4020m) à Thorong Pedi (4540m) – 3h30 de marche – 6km parcourus

La dernière étape avant le grand jour. Gelés, on a pas de mal à se mettre en route. A cette altitude, l’effort commence à devenir difficile. On s’essouffle plus vite, nos mouvements sont plus lents. Heureusement, la journée est courte.


A part, une traversée de rivière plutôt dangereuse à cause de la neige et de la glace, on rejoint Thorong Pedi sans trop de casse. Deux auberges seulement. Ca sent la fin. “Tout le monde” se retrouve ici. D'ailleurs, c’est avec étonnement qu’on retrouve nos amis Big & Mac…mais pas au top. Elle (Mac probablement) vomit abondamment.


Ici aussi, on a un devoir dans l'après-midi: rejoindre High Camp et redescendre. A nouveau pour les mêmes raisons. High Camp est l’ultime refuge avant d’entamer la montée vers le col. Il est déconseillé d’y dormir car le risque de passer une mauvaise nuit est plus élevé. Certains le font. Nous, on se contente d’y aller, non sans mal (300m de dénivelé), et de redescendre pour passer une bonne soirée.

Alors, la soirée? L’ambiance est spéciale dans l’établissement de Pedi. De nombreux groupes. Et deux grandes questions: le MAM et l’heure à laquelle partir à l’assaut du col le lendemain. Plusieurs écoles, les allemands partiront avec leur guide à 2h du mat’ à la frontale, la famille d’anglais vers 3h30, les autres hésitent. Et nous, aussi. Il règne une certaine tension. Comme la veille d’un examen ou d’une épreuve. Une boule dans le ventre. Mais, le moral et l’envie gonflés à bloc. C’est excitant!

Au-delà de ça, on passe un super soirée avec Yair, le sud-africain (un mini-consul tatoué…fan de Nando’s, d’Astérix et qui a quitté Wall Street pour écrire) avec qui le courant est super bien passé, Marc, le british, N’que’que’chose (avec son accent, on comprenait que dalle), la kiwi, et puis, ceux qui allait devenir nos compagnons de route, Marie & Pierre, du Québec.

Avant d’aller se coucher, on décide de partir à 5h. Une heure raisonnable. Même si on sera les derniers à partir. La nuit, il fait -20° dehors. On le sent!

Jour 10 – Thorong Pedi (4540m) à Muktinath (3800m) en passant par le col du Thorong La (5416m) – 12h de marche – 16km parcourus

Le jour J. Le stress est palpable. Mais, il est positif. On a pas le MAM et on a toujours pas pris de Diamox. On sait que ce sera incroyable en haut. On enfile notre porridge sans trembler. Tout le monde est parti, sauf nous, Marie & Pierre et une partie de la famille anglaise (en effet, la maman était mal et ils ont décidé qu’elle passerait le col à dos de yak puis de cheval…le fils, Mark, militaire allait “juste” suivre les pas du yak…une fusée!). Big & Mac ont déclaré forfait, ils partiront peut-être le lendemain.

Au dernier moment, Chris, un californien sorti de nulle part, se joint à nous. On sera 5. Frontales vissées sur le front, on s’attaque à la paroi entre Pedi et High Camp (4850m). On la connait pour l’avoir faite la veille. On sait en plus que c’est l’une des plus raides du parcours. 1h30 pour atteindre High Camp. La neige est haute. Et malgré l’heure matinale, le vent est déjà levé. Etrangement fort et anormalement glacial (-10°), il a freiné quelques groupes partis plus tôt. C’est le cas d’une dame seule et d’un jeune couple d’israéliens. On prend un bon hot lemon pour se réchauffer et on continue.


La suite n’est pas plus facile. Le vent a déposé la poudreuse sur le “sentier”…on s’enfonce de près d’un demi mètre et cela à quelques centimètres seulement d’une pente abrupte. On flippe vraiment. Un pas de travers et c’est la chute sur plusieurs dizaines de mètres (le couple d’israéliens ne passera d’ailleurs jamais cette première épreuve après High Camp…probablement ont-ils rebroussé chemin?). C’est plus de l’alpinisme que du trekking à ce niveau du parcours. Nos geste sont lents. Nos sacs semblent peser une tonne. On souffre. On a dépassé l’altitude du Mont-Blanc. Une grande couverture blanche absorbe nos petits pas…on est minuscules ici.


Notre ascension se poursuit à 5. On s’accorde une pause de temps en temps. Pas trop longtemps sinon nos doigts et orteils s’engourdissent. C’est l’occasion de fraternisé avec Marie & Pierre, deux sacrés personnalités. Le courant passe. Ça nous permet de nous unir pour dépasser les difficultés.

Un premier Tea Shop à 5030m. On s’arrête pour grignoter et se réchauffer légèrement. On est à plus de 5000 mètres d’altitude…et on se sen plutôt pas mal vu les conditions. En tous cas pas de MAM à l’horizon. On se rhabille en sachant qu’on part pour la dernière grosse étape. Il est 9h30, ça fait déjà 4h30 qu’on grimpe.

C’est parti. Tels des zombies, des robots avec une mission enregistrée: continuer à marcher jusqu’au sommet. Ne rien lâcher. Dans de telles situations, on se dépasse sans y réfléchir. On a plus la force de penser, de trouver des moyens de se motiver. Ca c’était avant. Là, le cerveau ne répond plus de grand chose, c’est l’instinct qui s’exprime. C’est le corps qui n’écoute plus les limites qu’impose l’esprit. Au bout de soi-même…d’un soi physique et psychique qu’on ne connaissait pas. La douleur, la souffrance, le froid sont des géants…mais on ne soupçonne pas la puissance de l’Homme confronté à des situations extrêmes. Les sensations ressenties, l'accomplissement et le dépassement de soi gravent si fort notre esprit et notre cœur qu’on ne ressent plus rien. On avance. On lève la tête de temps en temps…et on admire. On sait dans ce type d’endroits…qu’on est pas grand chose! La nature est grandiose.


Penser à des gens comme Nando Parrado (Alive, le film) et son compère Roberto Canessa semble inévitable dans ces circonstances. Ça motive Pierre comme Nels. Angie semble, elle, plus à l’aise que jamais. En tous cas dans son allure. Poussée par une énergie folle et une détermination extraordinaire.

Il est 11h40…à bout de forces, le souffle court, l’œil hagard…on aperçoit les drapeaux de prière qui annoncent le sommet. On y est. Presque 7h de marche plus tard. Notre joie est énorme… Les larmes aux yeux, on pose devant la stèle indiquant qu’on y est arrivés. Peu de mots peuvent décrire ce qu’on y ressent! On pense à ceux qu’on aime…et il nous hâte de partager notre bonheur avec eux. On a aussi une pensée pour les Karmich (ils ont probablement raté le petit message laissé pour eux sur le drapeau portugais…zut!)… D’ailleurs, en montant, Nels avait des hallucinations et voyait Mimi, déguisé en Figo, lui répétant: “Tou ne va pach abandouner aprech touch chès efforttes qu’à même, ca**lho…”


Thorong La…le plus haut col du monde…5416 mètres!


Après une soupe bien chaude, on se lance (déjà) vers l’étape 2. La descente. Car, ce n’est pas fini. Il faut maintenant redescendre à Muktinath (3800m). Détrompez-vous…c’est loin d’être facile. 1600 mètres de descente dans la neige, les crevasses…avec un vent de plus en plus violent.

On est plus 4. Chris est tombé dans une crevasse (on essaye de vous garder concentrés…hein!) est parti devant, et on ne le reverra plus. Les chutes, les rafales de vent et les pauses chocolat agrémentent notre descente…et on se marre bien. Mais, c’est long! Très long.


On commence à voir le bout du tunnel…et on espère trouver un médecin compétent à Muktinath pour nous greffer de nouvelles rotules.

Ca y est. Il est 17h30…on est arrivés. 12 heures de marche. On retrouve ceux partis plus tôt…tout le monde se félicite. Pour nous, la route devait continuer en Jeep jusque Jomsom. Trop tard, plus de jeeps. C’est l’occasion de passer la soirée avec Marie & Pierre pour fêter notre exploit. Hamburgers et pizzas au menu…

Jour 11 & suivants – Muktinath (3800m) à Pokhara (800m) en passant par Jomsom (2731m)

C’est la fin du trek. 57 heures de marche effective et plus de 100km parcourus, plus tard.

On prend une Jeep jusque Jomsom. Les paysages sont toujours aussi beaux. Il nous reste encore beaucoup à découvrir au Népal.

On passe ensuite une journée relax à Jomsom. Le lendemain, on s’envole pour 15 minutes avec Agni Air vers Pokhara. Une expérience super sympa…un tout petit aéroport, un avion minuscule et surtout un survol des Annapurnas. Splendide!


La vie normale reprend sont cours. On s’installe dans notre hôtel à Pokhara et on prend nos tickets de bus pour rejoindre Katmandou le lendemain.

Pendant 11 jours, on a vécu une expérience sensationnelle. Avec un point culminant, le passage du col, qui restera gravé en nous à jamais comme l’un des moments les plus intenses de notre existence.

Le col du Thorong La à 5416 mètres d’altitude, sans Diamox, sans guide et sans porteur, avec des sacs de 11 et 20 kg sur le dos…on l’a fait! En tout honnêteté, et avec toute l’humilité que nous enseigne des lieux tels, où l’homme est une poussière face à la nature…on est fiers de nous. Plus que ça…on est heureux!

Merci aux Karmich, à Marie & Pierre d’avoir partagé ces moments avec nous…et à vous d’avoir lu jusqu’au bout!

Après ces “quelques” mots…le plus important: les photos…ICI.

Nels


EDIT: Petite précision. Dans l'émotion, on est tombés dans le panneau de la petite blagounette commerciale qui annonce le col du Thorong La comme le plus haut col du monde. C'est pas tout à fait vrai...

Ready to trek...

Une fois n'est pas coutume, on prends les devants et on vous raconte avant...ce qu'on va vivre après! Vous avez suivi?

Au Népal depuis 3 jours, et après des préparatifs à la fois stressants et excitants, nous nous lançons demain (06/03/11) dans un trekking d'une dizaine de jours dans les Annapurnas, à l'assaut du Thorong La, un col de plus de 5000 mètres!

Notre parcours sera, à peu de choses près, le suivant:
Pokhara - Besisahar - Syange - Tal - Chame - Upper Pisang - Manang - Letdar - Thorong Phedi - Thorong La - Muktinath - Jomsom - Pokhara (vol)

Au retour, on vous promet plein d'articles et de photos sur notre périple indien et népalais...avant d'attaquer Hong-Kong!


A dans quelques jours...

Angie & Nels